📢 Guide pilier · Mis à jour le 3 juin 2026

Facturation électronique 2026 : le guide complet de la réforme

Calendrier officiel, 4 obligations, formats acceptés, sanctions, Plateformes Agréées : tout ce qu'une entreprise française doit comprendre pour être conforme au 1er septembre 2026 et au 1er septembre 2027.

Contenu vérifié au regard de la norme AFNOR XP Z12-014 v1.4. Sources : DGFiP & Légifrance.

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La réforme en 3 minutes

La facturation électronique 2026 est la plus grande transformation administrative qu'aient connue les entreprises françaises depuis le passage à la TVA intracommunautaire en 1993. À partir du 1er septembre 2026, l'envoi d'une simple facture PDF par e-mail entre deux entreprises françaises ne sera plus une facture légale. Toutes les factures entre assujettis à la TVA en France devront transiter par une infrastructure dédiée : les Plateformes Agréées.

Cette obligation résulte de l'ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021, ratifiée et amendée par plusieurs lois de finances (LF 2022, LF 2024, LF 2026), et du décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022. Le cadre légal de l'obligation est codé à l'article 289 bis du Code général des impôts, qui impose « l'émission, la transmission et la réception des factures électroniques en recourant à une plateforme agréée ».

Trois mots clés à retenir dès maintenant :

  • Facture électronique structurée — ce n'est pas un PDF par e-mail. C'est un fichier XML standardisé (Factur-X, UBL 2.1 ou UN/CEFACT CII) interprétable automatiquement par un logiciel comptable.
  • Plateforme Agréée (PA) — un opérateur privé agréé par la DGFiP qui émet, achemine et reçoit vos factures. Aucune autre voie d'échange ne sera reconnue.
  • E-reporting — en parallèle de l'e-invoicing (factures B2B françaises), il faut transmettre à l'administration les données de transactions B2C et internationales, plus certaines données de paiement.

L'objectif économique est triple. Côté entreprises : réduire le coût unitaire d'une facture (de l'ordre de 10 € en traitement papier à moins d'1 € en traitement automatisé, selon l'estimation DGFiP de 2020) et accélérer les délais de paiement. Côté État : réduire la fraude à la TVA, estimée par l'Union européenne à 20 à 25 milliards d'euros par an en France (rapport VAT Gap 2024, Commission européenne). Côté macro : industrialiser un standard européen aligné sur la norme EN 16931 et le paquet législatif « ViDA » (VAT in the Digital Age).

Le résumé en une phrase. À partir du 1er septembre 2026, votre entreprise doit pouvoir recevoir ses factures fournisseurs au format électronique structuré via une Plateforme Agréée ; et selon votre taille, vous devez également les émettre dans ce format, à cette même date ou au plus tard le 1er septembre 2027.

Sources : ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021 ; article 289 bis du Code général des impôts (Légifrance) ; décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022 ; portail impots.gouv.fr.

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Calendrier officiel : les deux dates à retenir

Le calendrier de la réforme a été reporté deux fois. La version actuelle, fixée par la loi de finances 2024 (article 91) et confirmée par la loi de finances 2026 (article 123), est considérée par la DGFiP comme définitive. Il n'y aura pas de troisième report.

Date Réception Émission e-invoicing E-reporting Entreprises concernées (émission)
1er septembre 2026 Obligatoire pour toutes les entreprises assujetties TVA Obligatoire Obligatoire Grandes entreprises (GE) & entreprises de taille intermédiaire (ETI)
1er septembre 2027 Déjà en place depuis 2026 Obligatoire Obligatoire PME, TPE, micro-entreprises

Distinction fondamentale à comprendre :

  • Réception — vous êtes destinataire d'une facture électronique. Vous avez besoin d'une Plateforme Agréée désignée dans l'annuaire DGFiP pour la recevoir. Si vous ne l'êtes pas, vos fournisseurs ne pourront pas vous facturer légalement.
  • Émission — vous envoyez une facture électronique à un client. Votre PA génère le fichier structuré, l'envoie au PA de votre client et le transmet à l'administration fiscale (concentrateur de données).

Pour les PME, TPE et micro-entreprises, cela signifie que vous devez vous équiper d'une PA dès 2026 pour la réception, même si vous n'aurez l'obligation d'émettre qu'en 2027. En pratique, autant ouvrir le contrat avec la fonction émission dès le départ — les PA proposent généralement les deux services dans une même offre.

Le sunset du PPF. Le Portail Public de Facturation, longtemps présenté comme une alternative gratuite aux Plateformes Agréées privées, a été abandonné par la DGFiP en octobre 2024 dans son rôle d'opérateur d'échanges. L'État ne gère désormais que l'annuaire central et le concentrateur des données fiscales. Toutes les entreprises doivent donc passer par une Plateforme Agréée privée. Il n'existe plus de voie publique gratuite.

Cette décision DGFiP, lourde de conséquences pour les TPE qui espéraient un service public gratuit, s'explique par trois facteurs : la complexité technique d'opérer une plateforme à l'échelle de plusieurs milliards de factures par an, le retard pris sur le calendrier initial 2024, et la volonté de l'État de se cantonner au rôle régalien (annuaire, données fiscales) en confiant le transport aux opérateurs privés.

Voir aussi : notre calendrier détaillé mois par mois et notre page tout savoir sur les Plateformes Agréées.

Sources : article 91 de la loi de finances pour 2024 (LF 2024) ; article 123 de la loi de finances pour 2026 (LF 2026) ; communiqué DGFiP du 15 octobre 2024 sur le sunset du PPF ; portail impots.gouv.fr.

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Les 4 obligations à respecter

La réforme n'est pas une mais quatre obligations distinctes. On les confond souvent sous l'expression générique « facturation électronique », mais chacune a son périmètre, son flux et ses sanctions propres.

E-invoicing B2B

1. Factures électroniques entre entreprises françaises

Toute facture entre deux assujettis TVA établis en France doit être émise, transmise et reçue au format électronique structuré via une Plateforme Agréée. C'est le cœur de la réforme et le flux le plus volumineux.

Fondement : article 289 bis I du CGI.

E-reporting B2C

2. Données de transactions avec les particuliers

Les ventes à des particuliers (commerce de détail, restauration, services aux personnes physiques) ne donnent pas lieu à e-invoicing puisque l'acheteur n'a pas de PA. Mais l'entreprise doit transmettre les données agrégées à l'administration via sa PA, à un rythme périodique fixé par décret.

Fondement : article 290 du CGI ; décret n° 2022-1299.

E-reporting international

3. Transactions hors France

Les ventes à des clients étrangers (UE ou hors UE) et les achats auprès de fournisseurs étrangers ne passent pas par le circuit e-invoicing français. Mais ils doivent être déclarés à l'administration via e-reporting, pour le suivi de la TVA intracommunautaire et l'aligement avec ViDA.

Fondement : article 290 A du CGI.

E-reporting paiements

4. Données de paiement pour prestations de services

Pour les prestations de services soumises à la TVA sur encaissements, l'entreprise doit transmettre à l'administration la date et le montant des encaissements reçus. Cela permet à la DGFiP de croiser les flux de facturation avec les flux monétaires réels, et de pré-remplir les déclarations de TVA.

Fondement : article 290 B du CGI ; décret n° 2022-1299 art. 1.

En pratique, votre Plateforme Agréée gère les quatre flux dans une même interface. C'est l'un des critères de choix d'une PA : certaines sont spécialisées e-invoicing pur, d'autres gèrent nativement l'ensemble des flux de e-reporting. Pour une entreprise B2C ou exportatrice, ce point est déterminant.

Pour aller plus loin : notre page dédiée e-invoicing et e-reporting : comprendre la différence.

L'oubli classique. Les entreprises qui pensent « je ne fais que du B2B français, le e-reporting ne me concerne pas » se trompent dans 9 cas sur 10. Dès qu'une seule vente est faite à un particulier (même un cadeau client, même un produit dérivé), ou à un client étranger, l'obligation de e-reporting est déclenchée. Un audit de conformité permet d'identifier ces flux atypiques que personne en interne ne voit.
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Les acteurs du nouveau système

Comprendre la réforme suppose d'identifier les cinq acteurs qui interviennent dans le cycle de vie d'une facture électronique.

  • 1
    L'entreprise émettrice

    Elle génère la facture depuis son ERP, son logiciel comptable ou son outil de facturation. Le fichier est en format structuré (Factur-X, UBL ou CII) ou est converti par la PA. L'émetteur reste responsable de l'exactitude des données portées sur la facture.

  • 2
    La Plateforme Agréée (PA) — ex-PDP

    Opérateur privé agréé par la DGFiP. Reçoit la facture de l'émetteur, valide son format, identifie le PA destinataire dans l'annuaire central, route la facture, en assure la traçabilité, et transmet les données fiscales à l'administration. C'est la pièce maîtresse du dispositif. Tout comprendre sur les Plateformes Agréées.

  • 3
    L'annuaire central DGFiP

    Référentiel public géré par l'État. À chaque SIRET correspond la Plateforme Agréée choisie par l'entreprise. Sans inscription à l'annuaire, vous êtes invisible du système : vos fournisseurs ne savent pas où vous envoyer vos factures.

  • 4
    L'entreprise destinataire

    Reçoit la facture via sa propre PA, qui la dépose dans son ERP ou logiciel comptable. Elle peut accepter, refuser, mettre en suspens ou contester la facture — chaque action génère un événement transmis à l'émetteur via les PA respectives.

  • 5
    L'administration fiscale (DGFiP)

    Reçoit en continu les données fiscales (factures B2B FR, e-reporting B2C et international, données de paiement) consolidées par les PA. Utilise ces données pour le pré-remplissage des déclarations de TVA, la détection de fraude, et la production de statistiques économiques.

Concrètement, une facture entre deux PME françaises suit ce parcours : ERP émetteur → PA émettrice → annuaire DGFiP → PA réceptrice → ERP destinataire. En parallèle, les données fiscales remontent vers la DGFiP. Tout ce circuit se fait en moins de quelques secondes, automatiquement, sans intervention humaine.

Le piège des opérateurs non agréés. De nombreux éditeurs de logiciels de facturation existants ne deviendront jamais des Plateformes Agréées. Ils s'intégreront à des PA tierces via API. Si votre éditeur ne mentionne pas son statut DGFiP, posez-lui la question directement : est-il PA ? S'intègre-t-il à quelle PA ? Avec quel schéma tarifaire ?
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Qui est concerné par la facturation électronique obligatoire ?

Réponse courte : toutes les entreprises assujetties à la TVA en France, sans exception de taille. C'est l'un des points les plus mal compris de la réforme : il n'y a aucun seuil en dessous duquel une entreprise serait exemptée.

Réponse longue : la date à laquelle vous devez être prêt pour l'émission dépend de votre catégorie au sens de la loi de modernisation de l'économie (LME). L'obligation de réception, elle, s'applique à toutes à la même date.

Catégorie LME Seuils Réception obligatoire Émission obligatoire
Grande entreprise (GE) ≥ 5 000 salariés OU CA > 1,5 Md€ et bilan > 2 Md€ 1er sept. 2026 1er sept. 2026
Entreprise de taille intermédiaire (ETI) 250 à 4 999 salariés OU CA ≤ 1,5 Md€ et bilan ≤ 2 Md€ 1er sept. 2026 1er sept. 2026
PME < 250 salariés ET CA ≤ 50 M€ ou bilan ≤ 43 M€ 1er sept. 2026 1er sept. 2027
TPE / Micro-entreprise < 10 salariés ET CA ≤ 2 M€ ou bilan ≤ 2 M€ 1er sept. 2026 1er sept. 2027

Voir aussi notre quiz dédié Suis-je concerné par la facturation électronique ? et notre guide facturation électronique TPE/PME.

Cas particuliers

Franchise en base de TVA. Les entreprises en franchise en base (auto-entrepreneurs, micro-entrepreneurs qui n'ont pas opté pour la TVA) sont concernées par l'obligation de réception au 1er septembre 2026, même si elles ne facturent pas la TVA. Elles ne sont pas concernées par l'obligation d'émission tant qu'elles restent en franchise en base, mais doivent toujours être inscrites à l'annuaire DGFiP via une PA pour recevoir les factures de leurs fournisseurs.

Auto-entrepreneurs. Le statut juridique d'auto-entrepreneur (entrepreneur individuel au régime micro-fiscal) n'exonère de rien. Si vous êtes assujetti TVA (au-delà des seuils de franchise), vous êtes une micro-entreprise au sens LME et soumis à l'obligation d'émission au 1er septembre 2027.

DROM (Départements et régions d'outre-mer). Guadeloupe, Martinique, Réunion, Mayotte : la réforme s'applique selon le même calendrier que la métropole, avec les particularités déjà existantes en matière de TVA (taux réduits, exonérations spécifiques) qui se reflètent dans les champs des formats structurés. La Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon ne sont pas soumises à la TVA franco-française et bénéficient d'un régime spécifique.

Holdings et groupes multi-SIREN. Chaque SIREN est un assujetti distinct. Une holding sans activité opérationnelle, qui ne facture que des prestations de services intra-groupe, est concernée dès lors qu'elle est assujettie TVA (la quasi-totalité le sont). Les groupes doivent gérer le rattachement de chaque SIREN à sa PA dans l'annuaire DGFiP. Voir notre page dédiée facturation électronique pour les groupes.

Associations. Une association non assujettie à la TVA (subventions, cotisations) n'est pas concernée. Mais dès qu'elle exerce une activité économique soumise à TVA (ventes au public, prestations facturées), elle entre dans le champ de la réforme et doit s'équiper d'une PA.

Sources : article 289 bis du Code général des impôts (Légifrance, version en vigueur au 1er septembre 2026) ; décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 (catégories LME) ; portail impots.gouv.fr.

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Les formats de facture électronique obligatoires

La réforme reconnaît trois formats de facture électronique structurée. Tous trois doivent être reçus par toute Plateforme Agréée ; chaque PA doit pouvoir émettre au moins l'un d'entre eux. Un PDF simple, sans données structurées embarquées, n'est pas une facture électronique au sens de la réforme.

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Recommandé PME/TPE

Factur-X (profil Extended-CTC-FR)

Format hybride franco-allemand combinant un PDF/A-3 lisible humainement et un fichier XML CII embarqué. Identique à ZUGFeRD 2.x en Allemagne. Le profil obligatoire en France est Extended-CTC-FR : il porte les spécificités nationales (SIREN, code de routage PA, mentions légales). Recommandé pour les entreprises qui souhaitent conserver une représentation visuelle de la facture.

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Standard européen

UBL 2.1 (profil CIUS-FR)

Universal Business Language, schéma XML pur développé par OASIS. Largement utilisé sur le réseau européen PEPPOL et sur Chorus Pro pour la facturation B2G. Profil obligatoire en France : CIUS-FR (Core Invoice Usage Specification - France). Privilégié par les grandes entreprises et les acteurs avec un historique PEPPOL.

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Standard international

UN/CEFACT CII D22B (Extended-CTC-FR)

Cross-Industry Invoice de l'ONU, version D22B (publiée en 2022). Standard XML international porté par l'UN/CEFACT. C'est ce même CII qui est embarqué dans Factur-X. Profil français : Extended-CTC-FR. Plutôt adopté par les grands groupes internationaux qui échangent déjà en CII avec leurs ERP SAP ou Oracle.

Les trois formats reposent sur la norme sémantique européenne EN 16931, qui définit le modèle commun de données d'une facture. La France a publié ses extensions via la norme AFNOR XP Z12-014 v1.4 (mai 2026), qui couvre 45 cas d'usage de l'émission au cycle de vie de la facture (acceptation, refus, avoir, lettrage, factures récapitulatives, etc.).

Pour le détail technique, l'arbitrage entre les trois formats et leur compatibilité avec votre ERP : voir notre guide complet UBL, Factur-X, CII : les 3 formats acceptés.

Vous n'avez pas à choisir « le bon » format. Vous n'émettez qu'un seul format (celui que votre ERP / PA propose), mais vous devez pouvoir recevoir les trois. C'est la Plateforme Agréée qui prend en charge les conversions nécessaires entre formats si l'émetteur et le destinataire utilisent des standards différents.

Sources : norme sémantique EN 16931 (Commission européenne) ; arrêté du 7 octobre 2022 art. 1 (formats acceptés) ; norme AFNOR XP Z12-014 v1.4 (mai 2026, 45 cas d'usage).

⚠️

Sanctions et risques en cas de non-conformité

Le législateur a prévu un régime de sanctions progressif et calibré. L'objectif n'est pas de piéger les retardataires ponctuels, mais de rendre la non-conformité systématique financièrement insoutenable.

50 €

Par facture non conforme

Sanction d'e-invoicing : chaque facture émise au mauvais format ou par un canal non autorisé (e-mail, papier, PDF simple après échéance) coûte 50 €. Plafond annuel : 15 000 €.

Article 1737 III du CGI, modifié par la LF 2026.

500 €

Par e-reporting manquant

Sanction d'e-reporting : chaque transmission périodique manquante (B2C, international, paiements) coûte 500 €. Plafond annuel : 15 000 €.

Article 1729 G du CGI, introduit par la LF 2024.

Au-delà des amendes directes, la non-conformité crée trois risques indirects souvent plus coûteux :

  • Rejet de TVA déductible — vos clients ne peuvent pas récupérer la TVA sur des factures non conformes. Ils vous exigeront donc des factures conformes, sous peine de cesser la relation commerciale.
  • Blocage des paiements ERP — les grands donneurs d'ordres ont déjà paramétré leurs ERP pour rejeter automatiquement les factures non conformes. Résultat : vos factures restent impayées jusqu'à correction.
  • Exclusion des appels d'offres — les marchands publics, les centrales d'achat et les acheteurs en grand compte exigent désormais une attestation de capacité à émettre au format conforme dans leurs cahiers des charges.

Une clause de bienveillance a été introduite : la première infraction réparée dans les 30 jours suivant le constat n'est pas sanctionnée. Cette tolérance s'applique une seule fois par entreprise. Au deuxième manquement, les sanctions s'appliquent rétroactivement.

Pour le détail : voir notre page sanctions facturation électronique : amendes et risques.

Sources : articles 1737 III et 1729 G du Code général des impôts ; article 91 de la loi de finances pour 2024 ; article 123 de la loi de finances pour 2026.

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Comment se préparer en 5 étapes

La préparation à la réforme suit une logique en 5 étapes indépendantes du système d'information existant. Toutes les entreprises, qu'elles aient un ERP intégré ou Excel + Word, suivent la même séquence.

  • 1
    Étape 1 — Audit de conformité initiale

    Identifier ses flux (e-invoicing B2B, e-reporting B2C, international, paiements), cartographier ses SI (ERP, comptabilité, CRM, outils de facturation), évaluer son volume de factures et ses cas d'usage atypiques (avoirs, factures récapitulatives, retenues de garantie, prorata temporis, etc.). C'est le diagnostic qui conditionne toutes les étapes suivantes.

  • 2
    Étape 2 — Choix de la Plateforme Agréée

    Comparer les PA agréées par la DGFiP sur 4 axes : l'intégration ERP, la couverture des cas d'usage de la réforme, le modèle tarifaire (volume vs abonnement), et la solidité financière de l'opérateur. Voir notre liste des Plateformes Agréées DGFiP.

  • 3
    Étape 3 — Mise à jour du système d'information

    Paramétrer l'ERP pour qu'il produise des fichiers au format conforme (Factur-X Extended-CTC-FR ou UBL CIUS-FR), connecter l'ERP à la PA via API ou portail web, mettre en place les automatismes pour le cycle de vie (acceptation, refus, avoirs).

  • 4
    Étape 4 — Formation des équipes comptables

    Les nouveaux workflows changent les processus : réception via portail PA au lieu de boîte mail, gestion des statuts (acceptée / refusée / en suspens), traitement des rejets PA, conservation légale (10 ans). Prévoir 1 à 3 demi-journées de formation selon la taille de l'équipe.

  • 5
    Étape 5 — Tests bout-en-bout avant la date butoir

    Réaliser au minimum 10 envois et 10 réceptions réels via la PA en environnement de production avant le 1er septembre 2026 (réception) ou 2027 (émission selon votre catégorie). Tester les cas d'usage critiques : avoir, refus, facture récapitulative, multi-devises si vous êtes à l'international.

Le piège du report mental. 70 % des entreprises françaises n'avaient encore aucune action engagée en mai 2026, selon une enquête CPME relayée par la presse professionnelle. Le report du calendrier en 2024 a créé une fausse impression de temps disponible. Les Plateformes Agréées signalent une saturation prévue à partir de juillet 2026, avec des délais d'onboarding qui peuvent atteindre 8 semaines pour une PME complexe. Commencer maintenant n'est plus un luxe.

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Questions fréquentes sur la facturation électronique 2026

Qui est concerné par la facturation électronique en 2026 ?

Toutes les entreprises assujetties à la TVA en France, sans exception de taille. Dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être capables de recevoir des factures électroniques via une Plateforme Agréée. Les grandes entreprises et les ETI doivent également les émettre à cette date. Les PME, TPE et micro-entreprises ont jusqu'au 1er septembre 2027 pour l'obligation d'émission. La franchise en base de TVA est concernée par l'obligation de réception mais pas par celle d'émission tant qu'elle reste en franchise.

À quelle date dois-je être prêt pour la facturation électronique ?

Deux dates clés : le 1er septembre 2026 pour la réception par toutes les entreprises et l'émission par les GE et ETI ; le 1er septembre 2027 pour l'émission par les PME, TPE et micro-entreprises. Le calendrier a été reporté deux fois depuis l'ordonnance initiale du 15 septembre 2021. Il est aujourd'hui considéré comme ferme par la DGFiP.

Que se passe-t-il si je ne fais rien d'ici septembre 2026 ?

Trois conséquences s'enchainent. Premièrement, vous ne pourrez plus recevoir les factures de vos fournisseurs GE/ETI, qui passent au format électronique structuré obligatoire dès septembre 2026. Deuxièmement, vous vous exposez aux sanctions des articles 1737 III et 1729 G du CGI : 50 € par facture non conforme, 500 € par e-reporting manquant, plafonnés à 15 000 € par an et par volet. Troisièmement, votre TVA déductible amont peut être remise en cause si vos fournisseurs facturent à l'ancien format après l'échéance.

Quel format de facture électronique choisir ?

Trois formats sont acceptés : Factur-X (PDF/A-3 avec XML embarqué, recommandé pour les PME/TPE qui veulent garder une représentation visuelle), UBL 2.1 avec profil CIUS-FR (standard européen, utilisé sur PEPPOL) et UN/CEFACT CII avec profil Extended-CTC-FR (standard international). Tous trois respectent la norme sémantique européenne EN 16931. Le choix dépend de votre ERP et de vos partenaires. Toute Plateforme Agréée doit savoir recevoir les trois et émettre au moins l'un d'eux.

Combien coûte la mise en conformité ?

Trois postes de coût : l'abonnement à une Plateforme Agréée (de quelques euros par mois pour une TPE faible volume jusqu'à plusieurs milliers d'euros par mois pour une ETI), la mise à jour ou le paramétrage du système d'information (ERP, logiciel comptable, CRM), et la formation des équipes comptables. Le coût total varie de quelques centaines d'euros pour une micro-entreprise à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour une PME complexe multi-SIREN. Un audit préalable permet de chiffrer précisément ces postes.

Pourquoi le PPF a-t-il été abandonné ?

En octobre 2024, la DGFiP a annoncé le sunset du PPF (Portail Public de Facturation) comme plateforme d'échange. L'État a fait le choix d'un modèle 100 % Plateformes Agréées : le secteur privé assure l'émission, la réception et l'acheminement des factures, l'administration ne gère plus que l'annuaire central et la concentration des données fiscales. Ce changement vise à réduire le risque technique pris par l'État, à garantir la résilience par la concurrence entre opérateurs privés, et à accélérer la mise en production. Les entreprises doivent donc impérativement choisir une PA privée : il n'existe plus d'option gratuite.

Qu'est-ce que le e-reporting ?

Le e-reporting est la transmission à l'administration fiscale des données de transaction qui ne passent pas par le circuit e-invoicing. Trois cas typiques : les ventes B2C (commerce de détail, restauration, services aux particuliers), les transactions internationales (exportations, ventes à un client UE non assujetti, importations) et les données de paiement pour les prestations de services soumises à la TVA sur encaissements. Le e-reporting est obligatoire en parallèle du e-invoicing, aux mêmes échéances.

Comment choisir sa Plateforme Agréée ?

Quatre critères clés : la solidité de l'agrément DGFiP (statut définitif ou immatriculation sous réserve), l'intégration native avec votre ERP ou logiciel comptable, la couverture des cas d'usage de la réforme dont vous dépendez, et le modèle tarifaire (au volume, à l'abonnement, ou hybride). Les différences techniques entre PA sont réelles mais subtiles. Un audit indépendant permet de choisir sans être influencé par le discours commercial des éditeurs. Voir notre page tout savoir sur les Plateformes Agréées.

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